Littérature africaine #1- Amkoullel l’enfant peul d’Amadou Hampâté Ba

L’écrivain

Amadou Hampâté Ba était un écrivain, historien, conteur et poète malien né vers 1900 à Bandiagara et mort en 1991 à Abidjan. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, comme le conte peul Petit Bodiel, le roman à succès l’étrange destin de Wangrin, gagnant du prix littéraire d’Afrique noire francophone en 1974 et du prix littéraire francophone en 1983. Il est aussi l’un des plus célèbres écrivains africains à ce jour. Egalement fervent défenseur, des traditions orales africaines, membre du conseil exécutif de l’Unesco de 1962 à 1970, il a consacré une majeure partie de sa vie à la recherche et à la classification de ces traditions orales.

Enfin il est connu aujourd’hui pour sa célèbre citation « En Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », prononcé lors de son discours, devant la commission Afrique de l’Unesco en 1960. Dans ce livre Amkoullel l’enfant peul, qui a reçu le grand prix littéraire d’Afrique noire en 1991, il raconte ses mémoires et livre un récit de son enfance et d’une partie de sa vie.

Résumé du livre

Amkoullel, tel est le surnom que porte le jeune Hampaté Bâ quand, au début du XXe siècle, il s’initie aux traditions familiales séculaires. Fréquentant l’école française en même temps que la coranique, courant la savane alors que des proches partent pour une guerre que l’on dit mondiale, mais qui les concerne si peu, à l’écoute des maîtres de la parole, il s’apprête à devenir l’un des derniers grands dépositaires d’une civilisation orale en pleine mutation.
A la fois roman d’aventures, tableau de mœurs et fresque historique, ce livre restitue dans une langue savoureuse et limpide toutes les richesses, les couleurs et la vie du grand récit oral africain.

Mes impressions

De Bandiagara, en passant par Kati, Djene puis Bamako, autant de villes maliennes, à travers lesquelles, l’auteur nous fait voyager au cœur du soudan français (actuel Mali) à l’époque coloniale. Enfance, adolescence, âge adulte, début de la vie active, autant de périodes de sa vie qu’il décrit avec justesse.

Association de jeunes, guerres claniques, ou rivalités royales, voilà un savant mélange qui a marqué la jeunesse de l’auteur. Au fil de la lecture, un personnage se démarque : la mère d’Amadou Hampaté Ba, Kadidja Paté Diallo. En effet, entre la tradition africaine et la culture peule qui accordent à la mère une importante place et le respect au sein de la famille, l’auteur à travers son œuvre, lui rend un bel hommage. Elle sera pour lui, une conseillère toujours écoutée jamais contestée. C’est d’ailleurs le personnage du livre que j’ai aimé, sa mère, une femme déterminée, aimante, dévouée, et qui a toujours su se battre pour sa famille malgré les difficultés qu’elle a connues au cours de sa vie.

En outre, l’oralité est très présente dans ce livre avec les récits de guerre, ou d’histoires familiales. Comme c’est souvent le cas dans de nombreuses cultures africaines, les récits sont mis en lumière avec des adages et proverbes, qui apportent une touche imagée à l’histoire. Finalement loin du destin souhaité par ses parents d’être un grand marabout, connaisseur de l’Islam, il ira à l’école et travaillera plus tard au sein de l’administration coloniale.

C’est un livre qui décrit admirablement la vie de populations africaines à l’ère coloniale, entre adaptation à de nouveaux modes de vie et d’administration et maintien de leur attachement culturel et traditionnel africain.

Source sur l’auteur : https://www.babelio.com/auteur/Amadou-Hampate-Ba/6837

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